Devoir sur l’immigration, correction idéologique ?

Il est évident que mon fils a commis des imprécisions, a choisi des formulations maladroites et a eu tendance à digresser. Toutefois, je ne pense pas que le fond de son travail soit si mauvais, j’ai plutôt l’impression que le correcteur (XXXXXXX) n’aimait pas les réponses sans qu’on sache où les points ont été enlevés (aucune notation séparée par questions).

J’ai donc trois griefs quant à cette correction :

1) i) Aucun barème n’est fourni pour les 5 questions. Combien de points mon fils a-t-il perdus par question, pour quelles raisons ?

2)i ii) Les griefs portent principalement sur des digressions maladroites qui sont, selon moi, discutables sur le fond, les commentaires du correcteur étant souvent trop catégoriques, se contentant parfois d’un simple « non » sans explication.

3) iii) Dans notre famille, nous éduquons notre fils à dire ce qu’il pense et tentons de corriger avec respect ses maladresses dans l’expression et dans le raisonnement. Le type de correction sévère et agacée qu’il vient de subir de la part de XXXXX l’encourage plutôt à occulter ses pensées dans ses devoirs et à reproduire ce qu’il sait politiquement correct sans trop réfléchir (c’est en fait assez facile, le corrigé type ne fait pas deux pages). Nous pensons que c’est un mauvais service rendu à l’éducation de notre fils. Le CNED nous avait habitués à plus de tact et de talent pédagogique.

Salutations respectueuses,

XXXXXX

I. Barème de correction

Pour le détail, permettez-moi de considérer la première question et plus particulièrement la première partie de celle-ci puisque la deuxième partie n’a sollicité aucune remarque de la part de XXXXX.

Question 1. Quels sont les pays d’Europe qui accueillent le plus grand nombre d’étrangers ? [2e partie de la question n’a pas suscité de commentaires]

Réponse de mon fils :

Les pays d’Europe qui accueillent le plus grand nombre d’étrangers sont les pays riches d’Europe de l’Ouest. Dans le cas du Royaume-Uni1 et de la France, les étrangers viennent surtout des anciennes colonies, l’immigration est ancienne dans ces deux pays. Les immigrants se dirigent aussi vers d’autres pays riches comme l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas selon le document 2. Enfin, les migrants restent de plus en plus souvent dans les pays de transit que sont l’Espagne, l’Italie et la Grèce.

Réponse proposée dans le corrigé type : «Les pays qui accueillent le plus grand nombre d’étrangers (chiffres bruts figurés en cercles proportionnels) sont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.»

Critique du correcteur : «Il fallait les classer…

Allemagne, France, Royaume-Uni.

On parle d’ailleurs plutôt de pays développés.»

Mon commentaire

Il serait bon de mentionner dans la question qu’il faut classer les pays (les questions du CNED ne pèchent pas par un excès de précision). Quant à « pays développés », le corrigé à la question 2 dit « Ces pays sont attractifs, car ils sont riches et développés »…

Combien mon fils a-t-il eu de points pour cette question et sur combien de points au maximum ? La même question s’applique pour chacune des quatre autres questions.

II. Quelques remarques du correcteur

a. Naturalisation facile : « Une facilité toute relative… »

Mon fils parle du fait qu’il est facile d’obtenir la nationalité en Europe, le correcteur écrit dans la marge « Une facilité toute relative… »

Pourquoi ce commentaire ? Il me semble que l’acquisition par la naissance (en droit du sol) en permettant la double nationalité à la condition de résider dans le pays un certain temps (par exemple 5 ans à partir de 11 ans) est chose facile pour les enfants d’immigrés qui résident de fait dans le pays.

Un des oncles d’XXXXX est né en Afrique, il y a passé toute sa vie jusqu’à près de 25 ans, il n’a jamais pu obtenir sa naturalisation ou devenir citoyen du Botswana (son père et sa mère y vivent toujours), il parle setswana. Il a dû quitter le pays ne parvenant pas à se trouver un emploi (ils sont réservés en priorité aux nationaux et un jeune étranger sans expérience a peu de chance d’être plus qualifié qu’un national), il vit actuellement en Espagne.

Voir les pages 2 et 3 sur les conditions d’acquisition : «To avoid this result 5.4(1) has a proviso to the effect that a person shall not be a citizen of Botswana by birth if at the time of his birth he acquires the citizenship of another country by descent through his father.»

La grand-père d’XXXX étant YYYY, il transmet la nationalité yyyyy à la naissance, l’oncle d’XXXXX n’a donc pas pu obtenir la nationalité du Botswana.

Ça c’est nettement moins facile comme obtention de la nationalité par la naissance.

b. Regroupement familial : marginal ?

Mon fils écrivait qu’« En outre, le regroupement familial joue un grand rôle en introduisant les familles d’immigrés plus anciens. »

Le correcteur a noté : « Aujourd’hui son impact est marginal. »

Qu’est-ce qui permet au correcteur d’affirmer cela ? Au Québec (comme au Canada), près de 30 % de l’immigration est reliée au regroupement familial !

(http://www.micc.gouv.qc.ca/publications/fr/planification/0507-caracteristiques-immigration.pdf, page 11)

Pour la France, comme le suggère le correcteur, j’ai rapidement consulté les statistiques de l’INED :

http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/2465/telechargement_fichier_fr_thierryf.pdf

« En 2002, 84 000 personnes ont été admises à séjourner en France pour un motif familial (mineurs et majeurs ayant obtenu un titre attribué en raison de liens familiaux), contre 56 000 en 1999.»

«Au cours des années 1999-2001, le travail reste le premier motif d’entrée en France comme en Grande-Bretagne (respectivement 38 % et 31 %), devant les études (respectivement 27 % et 28 %), puis les raisons familiales (respectivement 20 % et 21 %)»

J’aimerais que le correcteur explique comment 20 % (mais en hausse, au moins en 2002) serait un chiffre marginal….

(Cela sans compter les mariages avec étrangers, 80 000 par an selon M. Besson, qui n’entrent pas en ligne de compte dans ces chiffres du regroupement familial).

La Documentation française (une source qui ne devrait pas hérisser la susceptibilité d’un correcteur objectif) donne un chiffre de plus en plus grand de personnes admises en France pour des raisons familiales (je sais que l’on peut ergoter entre «regroupement familial » strict et « raisons familiales » plus générale, mais faut-il le faire en 1re ES ?)

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/immigration/immigration-reguliere.shtml

«Les étrangers admis au séjour au titre des migrations familiales sont toujours les plus nombreux. En 2004, ce motif a concerné 102.619 personnes, soit 75 % des étrangers admis au séjour en France pour une durée d’au moins un an, après 100.150 en 2003 et 53.850 en 1999. On observe toutefois un ralentissement, confirmé en 2005, de l’augmentation des entrées pour ce motif. »

Jusqu’à quel point mon fils devra-t-il à l’avenir citer des sources quand il va à l’encontre du parti-pris du correcteur ? (Je rappelle que le document 4 ne permet pas vraiment de répondre à la question 2.)

c. Immigration vers l’Europe : pas massive ?

En marge de la question 3 et dans son appréciation générale, le correcteur s’est insurgé contre l’emploi des termes « immigration massive » par mon fils. Le correcteur dit par exemple dans son appréciation générale : « parler par exemple d’immigration massive c’est montrer que vous manquez de recul et de connaissances précises sur le sujet ».

Au lieu de corriger mon fils sur le fait que l’immigration subsaharienne est pour l’instant relativement limitée en Europe par rapport à l’immigration totale en Europe, le correcteur vise à rabaisser mon fils de manière peu constructive et discutable.

Car il s’agit à mon avis d’une simple confusion de la part de mon fils qui digresse ici et parle en général de l’immigration en Europe et elle est bien massive : «En 2005, le monde comptait 191 millions d’immigrés. 21% d’entre eux, soit près de 41 millions de personnes, résidaient dans l’Union européenne.» http://www.robert-schuman.eu/question_europe.php?num=qe-42

Pour ce qui est de l’immigration subsaharienne elle-même, selon le Conseil de l’Europe, les «migrations en provenance d’Afrique subsaharienne représentent aujourd’hui entre 3 et 8 millions de résidents en Europe, concentrés principalement dans 7 pays: Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni.» [je signale que les pays ne sont pas dans l’ordre croissant de population subsaharienne, voir reproche à la question 1]

http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/WorkingDocs/Doc08/FDOC11526.htm

[Accessoirement, ce document parle également de « guerre et de famine » et de « pays riches », expressions par ailleurs reprochées à mon fils]

Mais à partir de quel chiffre le correcteur admettra-t-il le qualificatif « massif » sans houspiller un élève? Qu’est-ce qui le gêne dans le mot « massif » ? Je rappelle que l’Ined que conseille le correcteur n’hésite pas à dire au sujet du Brésil que « L’accroissement de sa population à la fin du XIXe siècle et dans les vingt premières années de ce siècle résulte d’une immigration européenne massive. Entre 1871 et 1920, s’installent 3,4 millions d’Européens, dont un tiers d’Italiens, 29 % de Portugais, 14 % d’Espagnols et 5 % d’Allemands. »

http://www.ined.fr/fichier/t_publication/71/publi_pdf1_pop_et_soc_francais_345.pdf

Donc 3,4 millions au Brésil est une immigration massive pour l’INED, mais un chiffre plus grand en Europe ne le serait pas pour le correcteur du Cned ? C’est bien cela ?

d. Les immigrés sont moins exigeants – «Ont-ils le choix ?»

Mon fils parlait des effets positifs de l’immigration pour certains secteurs économiques de l’Europe qui peuvent rester compétitifs en précisant au sujet des immigrants «qu’ils sont moins exigeants en matière de salaire ». Le correcteur ajoute « Ont-ils le choix ? »

Quelle importance d’un point de vue purement économique ? On a l’impression que le correcteur s’investit trop dans la correction. Il s’agissait ici d’une simple constatation. Le prix de la main d’œuvre baisse dans certains secteurs.

e. La difficulté croissante des immigrants à trouver un emploi

Mon fils a écrit « Mais les immigrants ont de plus en plus de difficultés à trouver un travail dans les pays d’Europe qui sont déjà touchés par le chômage, et de ce fait, ils aggravent le problème. » Le correcteur écrit « Sur quelles analyses vous fondez-vous pour avancer ce type d’argument ? »

Je connais mal la situation en Europe (surtout son évolution historique), mais mon fils m’a dit avoir basé cette extrapolation et appréciation hasardeuse sur la longue pièce jointe à son devoir et publiée par l’Institut Fraser (que le correcteur n’a manifestement pas lue, mais contre laquelle il met en garde mon fils en disant «Prenez garde aux sources que vous pouvez utiliser…»). Cette étude est confirmée par une autre de l’IRRP (au Québec) par Brahim Boudarbat et Maude Boulet portant sur la détérioration des salaires des nouveaux immigrants. Une étude récente de Statistiques Canada montrait également que si, en 1980, les nouveaux immigrants de sexe masculin qui avaient un revenu d’emploi gagnaient 85 cents pour chaque dollar de revenu d’emploi des hommes nés au Canada. En 2005, ils n’en gagnaient plus que 63. Chez les nouvelles immigrantes, les chiffres correspondants étaient de 85 cents et de 56 cents respectivement. Je signale que le chômage des nouveaux immigrants au Québec.

http://www.irpp.org/fr/choices/archive/vol13no7.pdf

http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/071029/dq071029a-fra.htm

Notez que le taux de chômage des immigrés au Canada est bien en augmentation :

« Twenty years ago, the unemployment rate among those immigrants who had arrived in Canada during the 1981 Census year was 17.4%, much higher than that of the Canadian-born population (7.9%). However, within five years in Canada, the immigrant unemployment rate had fallen to a level just below that of the Canadian-born population (7.1%). Fast forward 20 years, and things seem to have gotten worse, a lot worse.

The 2001 Census tells us those immigrants who have been in Canada for less than five months face an unemployment rate of roughly 30%. More troubling is that within a five year period, recent immigrants still have an unemployment rate significantly higher than that of the Canadian-born population (12.7% compared with 7.4%). Indeed, it now takes more than 10 years in Canada before the observed unemployment rate of immigrants falls to the level found among the Canadian-born population.»

http://www.clbc.ca/files/Reports/Fitting_In/Transition_Penalty_e-CLBC.pdf

La France (L’Europe) a-t-elle des statistiques qui se penchent sur ce genre de tendances ?

Mon fils extrapole donc à partir de la situation canadienne et confond peut-être chômage croissant et revenu en baisse toujours au Canada, mais est-ce une raison pour le correcteur de rabrouer mon fils qui a pris la peine de se pencher sur des documents comme celui qu’il a transmis en pièce jointe pour justifier certaines de ces allégations ? Est-ce que le correcteur propose quelque chose pour indiquer que le taux de chômage des immigrés récents ou leur salaire s’améliorent par rapport à ceux des gens nés en Europe ? Car on dit que la population globale de l’Europe augmente grâce à l’immigration (ce qui pallierait à son déclin démographique), sa richesse absolue augmenterait donc aussi et que c’est un avantage, mais qu’en est-il de sa richesse relative par tête d’habitant si ces immigrés ont comparativement, comme au Canada, un revenu moyen en baisse ?


f. Troubles sociaux, cohésion sociale et immigration

Enfin, ce qui semble avoir causé l’ire du correcteur. Celui y revient dans son appréciation générale : « établir un lien direct entre troubles sociaux et immigration manque de rigueur sur le plan scientifique… »

Le correcteur fait référence à plusieurs passages où mon fils affirmait : « Certains pensent que l’immigration peut encourager la diversité et que celle-ci ne peut être que bénéfique. Mais les troubles sociaux récents semblent prouver le contraire. Il semble que l’immigration ait plutôt tendance à troubler la cohésion de la nation.»

On notera les « semble ». Mon fils ne dit pas que les troubles sociaux sont automatiques dans un pays où vivent des immigrés, mais que les bénéfices ne sont pas automatiques (« ne peut être que bénéfique »). Le correcteur veut-il nier qu’il y ait, par exemple, un lien entre les troubles sociaux des zones sensibles en France et l’immigration ? Qu’est-ce qui l’insupporte à ce point dans ce rappel ? Il ne s’agit pas de blâmer les immigrés, mais de constater la non-automaticité des bénéfices de la « diversité ». Les causes de ce malaise et de ces émeutes peuvent être multiples : économique, sociale, culturelle, le « racisme des Français» (ou des Suédois de Malmö), il n’en demeure pas moins que l’immigration peut entamer la cohésion sociale et peut entraîner des troubles sociaux comme c’est le cas en Europe. La diversité n’est pas que bénéfique par définition, quels que soient les préjugés du correcteur.

Je signale que mon fils n’est pas le seul à penser que la cohésion sociale est fragilisée (à court terme) par une diversité accrue, c’est aussi le cas d’un politologue (« libéral » dans le sens américain) comme Robert D. Putnam : « Ethnic diversity is increasing in most advanced countries, driven mostly by sharp increases in immigration. In the long run immigration and diversity are likely to have important cultural, economic, fiscal, and developmental benefits. In the short run, however, immigration and ethnic diversity tend to reduce social solidarity and social capital. New evidence from the US suggests that in ethnically diverse neighbourhoods residents of all races tend to ‘hunker down’. Trust (even of one’s own race) is lower, altruism and community cooperation rarer, friends fewer.»

http://www3.interscience.wiley.com/journal/118510920/abstract?CRETRY=1&SRETRY=0

Il a fait une étude assez exhaustive du sujet. Quelle note lui donnerait le correcteur de mon fils ?

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2 commentaires pour Devoir sur l’immigration, correction idéologique ?

  1. Requiem dit :

    « La France (L’Europe) a-t-elle des statistiques qui se penchent sur ce genre de tendances ? »

    Oui en Suisse les statistiques ethniques sont permises.

    « L’AI n’est pas la seule assurance sociale «prise d’assaut par les Balkaniques». L’assurance-chômage est aussi fortement sollicitée. Ainsi en 2005, le taux de chômage dans la population suisse était de 3,3% alors que chez les jeunes Balkaniques il atteignait 18,8%, a dit Yvan Perrin. »

    http://www.euro-reconquista.com/forum/viewtopic.php?f=2&t=3551&hilit=statistiques+suisses

    Votre fils a raison. Mais on a tort d’avoir raison sur l’immigration de nos jours.

  2. Spiritoo dit :

    Courage pour l’éducation de votre fils.. il est notoire que l’éducation nationale française est gangrenée par les marxistes… je me souviens lors des épreuves du bac, d’avoir volontairement présenté des points de façon « consensuelle ».. c’était un devoir d’histoire ou il fallait dire que la construction européenne c’est génial et super démocratique (c’est sur, on en a encore eu la preuve avec le référendum de 2005… bref)

    Entre ca, la biologie, les sciences sociales.. il y a bien trop de domaines où l’éducation de nos enfants est mise en danger…c’est aussi pour cela que l’enseignement privé a le vent en poupe en France.. pourtant Dieu sait si il est lui aussi bien déficient…

    A force de faire des « accomodements raisonnables » on finit par vider nos pays de leur substance. C’est triste.

    Ce que vous racontez dans ce billet est révoltant. Il est prouvé partout que l’immigration est globalement un méfait, coute cher, et est organisé par les riches patrons de multinationales pour avoir des salariés corvéables. Mais il faut le nier, bien entendu. Et s’étonner que le FN monte, monte…
    On marche sur la tête : les profs qui mettent les élèves au coin sont punis.
    Un autre qui a osé montrer un film sur l’avortement a été suspendu. Sous prétexte que c’était violent. Ah oui, parce que les ados voient des centaines de crimes à TV par an, mais ils ne peuvent pas voir un film sur la réalité de cet acte. Faudrait quand même pas qu’ils se posent des questions spirituelles…

    Nous vivons une fin de civilisation. La prochaine crise financière risque bien de créer des émeutes de la faim, nous vivrons en occident les mêmes révoltes qu’en Afrique actuellement.. et ces profs seront balayés… patience

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